
Sous le soleil
Dix-sept sortes de figues se trouvent, dit-on, sur l’île. Leurs noms — se dit l’homme qui se met en chemin sous le soleil —, on devrait les connaître. On ne devrait pas se contenter d’avoir vu les champs et les animaux qui donnent à l’île son visage, sa rumeur, son parfum, la stratification de la montagne et les variétés du sol, qui vont du jaune poussiéreux au brun violacé qu’entrecoupent de vastes étendues cinabres — mais de tous, on devrait connaître les noms. Chaque recoin de la terre n’obéit-il pas à la loi d’une rencontre qui ne reviendra jamais entre plantes et animaux et, de même, chaque nom de lieu n’est-il pas un chiffre sous lequel la flore et la faune se rejoignent pour la première et la dernière fois ? Mais le paysan a la clef du chiffre. […]








